Les traditions ça a du bon !

La saveur unique de notre galette des rois

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Je me souviens bien lorsque dans une autre vie je mangeais de la galette tout le mois de janvier, jusqu’à l’écoeurement… Des bonnes et des moins bonnes… n’en appréciant réellement qu’une ou deux, au final… ne vibrant plus du tout à l’idée de trouver la fève ou non, car j’étais sûre d’être reine au moins une fois en trois semaines !

Une routine qui perdait de son charme…

Puis j’ai du cesser d’en manger. Mon fils également.

Il y a quelques années de cela (7 ans pour être exact, au moment où j’écris cet article), il était encore difficile de se procurer de la pâte feuilletée sans gluten. C’est fou le chemin parcouru !  A Chartres, en centre ville, vous pouvez en trouver (Croustipâte sans gluten et sans lait !) à Intermarché rue du grand faubourg. Vous pouvez aussi en acheter ou commander chez Natureo, et dans certains hypermarchés ou magasins de surgelés, mais comme je n’y fais jamais mes courses je ne peux pas tellement vous renseigner !)

J’avais renoncé…  parce que « bof, ces pâtes toutes prêtes, c’est pas terrible-terrible…  » et puis sans voiture le supermarché bio qui en vendait était un peu loin de chez moi… Il y avait bien le Biosphère Café qui innovait à l’autre bout de Paris en 2010 en vendant  sur commande une galette sans gluten, mais mes forces étaient limitées. Donc, plus de galette ! Je m’étais résignée.

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Mais voilà, mon fils a grandi… et un jour, à la sortie de la maternelle, la maîtresse m’a dit joyeusement « Demain, c’est la galette ! » (Bon sang, c’est toujours pour demain ou après demain…) « On va tirer les rois en classe… Vous en apportez une sans gluten ?! C’est possible ? »

J’ai alors mis toute mon énergie à lui confectionner une galette faite maison, dont il n’aurait pas trop honte devant ses petits camarades. La première s’est déchirée… et n’était pas du tout jolie… j’ai compris mon erreur… j’en ai refait une autre à 2 heures du matin… ainsi qu’une bonne quantité de pâte supplémentaire pour pouvoir en préparer (et déguster) une en famille dans la foulée.

J’ai très peu dormi, mais ce fut la meilleure galette de notre vie !!!

Elle avait le goût des amandes grillées équitables, des rires en cachant la fève, du beurre au goût d’enfance ressurgi tout à coup dans nos vie, des couronnes bricolées, de mon inquiétude au bord des larmes en voyant la pâte se fendre à la cuisson, de mon soulagement, puis de notre réelle fierté à tous les trois.

 

Depuis 4 ans nous préparons ainsi, notre « galette à nous », et parfois sa version mini pour l’école, ne cherchant même plus à en acheter une toute prête, et nous fermons les yeux sur les produits laitiers, comme il se doit parfois… pour les grandes occasions !

C’est un véritable évènement. Un jour de fête ! Une activité en famille qui nous met en émoi du premier coup de rouleau à pâtisserie à la dernière bouchée, en passant par le choix de la fève, les effluves emplissants la maison, la décoration des couronnes, la distribution des parts à l’aveugle…

Une seule fois par an, hein ! (Et quelques restes le lendemain…) Pour ne pas se rendre malades (voyez la quantité de produits laitiers dans la version n°1 ! Celle que nous aimons tant !) et parce que c’est bien long à faire quand même avec une pâte maison… Une fois me suffit, avec la pression que je m’impose à la vouloir la plus parfaite possible (c’est relatif) ! Mais surtout parce qu’elle a ainsi un goût unique, une valeur et une magie incomparable… en plus d’être très savoureuse !

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La recette : 

  • Merci à Sunny délices (recette ici) pour celle de la pâte aux petits suisses relayée sur son blog (moi j’utilise souvent tout simplement de la farine de riz à laquelle j’ajoute un peu de Mix’ Gom acheté chez Naturéo de la marque Ma vie sans gluten). Si vous supportez vraiment trop mal les produits laitiers, même si ce n’est que rarement, elle a (entre temps) mis en ligne, dans le même article, une version classique avec une détrempe à base d’eau uniquement mais que je n’ai pas encore testée ! Et vous pouvez remplacer le beurre par de la margarine de qualité.
  • Etalez-là directement sur du papier cuisson fariné. Ne cherchez pas à étaler trop « fin » !  (Je la prépare la veille au soir, et la garde au frigo sous forme de 2 blocs carrés prêts à étaler, c’est moins long et plus ludique quand arrive le grand jour pour notre atelier cuisine en famille)
  • Pour le fourrage, chez nous c’est une crème d’amande ultra simple, et pas trop trop sucrée en comparaison de certaines recettes : 100 g. de beurre (ou margarine) + 100 g. de sucre blond + 100 g. de poudre d’amandes + 2 oeufs !
  • Pour le montage : une fois que vous avez découpé vos deux cercles de pâtes à l’aide d’un moule, déposez la « frangipane » ou crème d’amande dans notre cas (et la fève !) sur l’un d’eux (remettez la crème d’amande au frigo si vous la trouvez trop liquide et qu’elle s’étale un peu trop !) en laissant une bordure vide de 2 cm. Badigeonnez cette bordure de blanc d’oeuf, déposez votre second disque de pâte par dessus, et scellez les bords à l’aide d’une fourchette, à plat, et si vous voulez vous pouvez même « chiqueter » celle-ci ! Dorer toute la galette au jaune d’oeuf battu mélangé au blanc restant. Dessinez des losanges ou motifs de votre choix, là encore sans trop appuyer, pour que la pâte ne se déchire pas en s’étirant à la cuisson ! A l’aide d’un cure dent, piquez 2 ou 3 trous jusqu’à la pâte du fond.

Faites cuire à 200°C puis au bout d’un quart d’heure dorez un peu à nouveau à l’oeuf (surtout aux endroits susceptibles de se fendre) et baissez le thermostat à 180°… Surveillez là avec amour… C’est prêt quand c’est bien doré ! (Et dans l’intervalle on a le temps de préparer les couronnes !)

Le feuilleté n’est certes pas aussi feuilleté et gonflant qu’avec du gluten, mais la pâte est très goûteuse et le rendu est ainsi moins sec que pour une galette classique ! Si vous voulez vous lancer et que vous avez des questions, n’hésitez-pas… je suis là !